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encore une révélation sur La Dame à l'Hermine : à l'origine, Cecilia Gallerani aurait été représentée par Léonard de Vinci sous les traits d'une biche

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tableau : Corine Perier

"Une campagne d'analyses photographiques en très haute résolution permet de mieux comprendre le processus créatif du maître toscan lorsqu'il composa ce portrait, considéré comme la Joconde du Musée Czartoryski de Cracovie.

Bien que magistrale, la rétrospective consacrée aux années milanaises de Léonard de Vinci, en 2011-2012 à la National Gallery de Londres, n'en soufflait mot. La fameuse Dame à l'hermine, portrait de Cecilia Gallerani, une des maîtresses du duc de Milan Ludovic Sforza, recelait quelques secrets spectaculaires que le laboratoire parisien d'expertises Lumiere Technology révèle aujourd'hui. Au départ, l'hermine n'existait pas. La position du bras a été modifiée, la main qui tient délicatement l'animal a été amplifiée et un voile bleu a été ajouté sur l'épaule gauche en contrepoint, afin de restaurer l'équilibre général de la composition et des couleurs. Cela apparaît dans l'analyse des quelque 1500 images de l'œuvre prises par une caméra multispectrale. Cet appareil, déjà utilisé pour La Joconde et qui a été acheminé pour l'occasion au Musée Czartoryski de Cracovie, où le tableau est conservé, est un prototype épatant. Il offre l'avantage d'explorer une image peinte, sur toile ou sur bois comme c'est le cas ici, de manière non invasive, en donnant à voir toutes les couches une à une jusqu'à la plus profonde, avec une définition record de 240 millions de pixels pour les plus précises. Au point de voir chaque cil microscopique du ravissant visage de la jeune aristocrate… Une bête étrange

Riche de ces données, Pascal Cotte, l'ingénieur de Lumiere Technology, étaye aujourd'hui une hypothèse dans une étude à paraître (*). Léonard aurait d'abord peint un portrait traditionnel, un peu comme celui de La Belle Ferronière ou celui de La Joconde, conservés au Louvre. «On remarque parmi les repentirs les doigts de la main droite posés sur le bras gauche. Comment imaginer dans cette configuration une hermine? Elle tiendrait seule contre la poitrine tandis que les deux mains feraient autre chose?»
Une hermine intermédiaire (ci-dessus) a été peinte par l'artiste avant qu'il ne choisisse de la finaliser en un animal hybride. Ensuite, et c'est également visible sur les photos des très minces couches de peinture sous-jacentes, le peintre serait arrivé à un état intermédiaire. Il aurait ajouté un animal plus petit et plus réaliste que la bête étrange que l'on voit aujourd'hui. Il l'aurait finalement «musclée», lui donnant cette apparence curieuse, un peu léonine. Cet hybride qui tient à la fois du furet, de la belette et de la fouine avec des pattes de chien symboliserait l'honneur chevaleresque et le courage du duc. Ce serait une image héraldique.
Il est vrai que Ludovic avait reçu du roi Ferrante de Naples l'ordre de l'Hermine en 1486, à la suite de quoi on l'a surnommé l'«Italico morel, bianco eremellino» ( le «Maure italien, hermine blanche») - une formule jouant sur le thème du noir et du blanc, de l'ombre et de la lumière, bien dans le goût de Léonard.
La Dame à l'hermine serait ainsi une sorte de portrait double en raison de la dimension politique de son iconographie. Voilà l'un des treize tableaux du génie toscan (si l'on compte La Bella Principessa , œuvre sur parchemin récemment découverte) largement élucidé. Mais pas complètement. Comme la belette est un animal talismanique sensé protéger la parturiente au Moyen Âge, certains spécialistes ont en effet pensé que Cecilia Gallerani, âgée alors de 15 ans ou un peu plus, avait été représentée enceinte. L'hermine cacherait-elle un ventre arrondi? «Mais l'examen du dessin de la robe derrière l'animal renverse cette hypothèse, affirme Pascal Cotte. La robe aux entrelacs brodés d'or, signe d'abondance, de richesse et de pouvoir, est trop serrée. Sauf si ce portrait, peint sur une planche de noyer autour des années 1490 à la cour de Milan, date des premières semaines de grossesse; ou qu'il évoque un possible devenir, l'hermine symbolisant l'enfant.»
À travers la figuration imagée, tout laisse plutôt à penser que c'est bien Ludovic que Cecilia tient dans ses bras: cet homme de guerre victorieux était son amant depuis 1489. Léonard a retenu la blancheur de l'hermine pour la pureté et la tempérance. Et, plutôt que le caractère chétif d'un petit mammifère au museau attendrissant, il a créé pour la gloire de son maître un concentré de roi des animaux."

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