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lundi 27 janvier 2014 16:15

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.

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La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots ...
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

Stéphane MALLARME (1842-1898)

Brise marine

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jeudi 9 janvier 2014 19:16

si vieille, si vieille

"...si vieille, si vieille, elle suivait doucement dans les chambres son fils qu'elle ne voyait plus bien distinctement. Lui-même voyait moins clair. Il avait grossi, elle avait maigri. Ses yeux à elle avaient mûri. Ses yeux à lui s'étaient fanés. Hein, comme nous étions vifs tous deux autrefois..."

"Au pays de Papouasie
J'ai caressé la Pouasie...
La grâce que je vous souhaite
C'est de n'être pas Papouète."
Léon-Paul Fargue

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jeudi 12 décembre 2013 11:34

mon sexe est toujours là, il gonfle

"mon sexe est toujours là, il gonfle
je le retrouve entre les draps
comme un vieil animal, il ronfle"

Kiki ! Kiki ! Michel Houellebeck

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mercredi 11 décembre 2013 10:22

L'OmbiLiquide limpide

suivi de Le Zèle-nerfs, fragments d'un journal sur mes dents en fer
précis d'hygiènes intimes par Antonin Bretzelaud

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vendredi 18 octobre 2013 12:13

Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant

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Je fais souvent ce rêve étrange et pénétrant
D'une femme inconnue, et que j'aime, et qui m'aime
Et qui n'est, chaque fois, ni tout à fait la même
Ni tout à fait une autre, et m'aime et me comprend.

Car elle me comprend, et mon coeur, transparent
Pour elle seule, hélas ! cesse d'être un problème
Pour elle seule, et les moiteurs de mon front blême,
Elle seule les sait rafraîchir, en pleurant.

Est-elle brune, blonde ou rousse ? - Je l'ignore.
Son nom ? Je me souviens qu'il est doux et sonore
Comme ceux des aimés que la Vie exila.

Son regard est pareil au regard des statues,
Et, pour sa voix, lointaine, et calme, et grave, elle a
L'inflexion des voix chères qui se sont tues.

Mon rêve familier, Paul VERLAINE (1844-1896)

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