Aller à la recherche

vendredi 21 février 2014 10:57

El Concombro

je suis le ténébreux, le veuf, le con qu'ombre masquait

"El Desdichado

Je suis le ténébreux, - le veuf, - l'inconsolé,
Le prince d'Aquitaine à la tour abolie
Ma seule étoile est morte, - et mon luth constellé
Porte le soleil noir de la Mélancolie.

Dans la nuit du tombeau, toi qui m'as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d'Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon coeur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s'allie.

Suis-je Amour ou Phébus ? ... Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J'ai rêvé dans la grotte où nage la sirène...

Et j'ai deux fois vainqueur traversé l'Achéron ;
Modulant tout à tour sur la lyre d'Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée."

Gérard de Nerval, Les Chimères (1854)

partagez ce bretzel liquide avec vos amis : Partage

samedi 15 février 2014 06:30

Brette Ciel Liquide

Hubert_de_Lartigue_bouche_anniversaire.jpg
Que j'aime voir, chère indolente,
De ton corps si beau,
Comme une étoffe vacillante,
Miroiter la peau!

Sur ta chevelure profonde
Aux âcres parfums,
Mer odorante et vagabonde
Aux flots bleus et bruns,

Comme un navire qui s'éveille
Au vent du matin,
Mon âme rêveuse appareille
Pour un ciel lointain.

Tes yeux, où rien ne se révèle
De doux ni d'amer,
Sont deux bijoux froids où se mêle
L'or avec le fer.

A te voir marcher en cadence,
Belle d'abandon,
On dirait un serpent qui danse
Au bout d'un bâton.

Sous le fardeau de ta paresse
Ta tête d'enfant
Se balance avec la mollesse
D'un jeune éléphant,

Et ton corps se penche et s'allonge
Comme un fin vaisseau
Qui roule bord sur bord et plonge
Ses vergues dans l'eau.

Comme un flot grossi par la fonte
Des glaciers grondants,
Quand l'eau de ta bouche remonte
Au bord de tes dents,

Je crois boire un vin de Bohême,
Amer et vainqueur,
Un ciel liquide qui parsème
D'étoiles mon coeur!

Baudelaire / Hubert De Lartigue : Portraits Hyper Realistes

partagez ce bretzel liquide avec vos amis : Partage

dimanche 9 février 2014 07:11

mortadelle

oh ma mort-reine, ma mort dorée
ma mords bide à l'acéré mors dent
j'ai le re-mort de ma morte alitée
mort fondue en mon à mort tissement.
la mort sûre de ta mort fine
re mords mon mort scellement,
morbleu, morue morose.
no mort et suis encore yvant !

partagez ce bretzel liquide avec vos amis : Partage

lundi 27 janvier 2014 16:15

La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.

chien_repus_bon_appetit.jpg
La chair est triste, hélas ! et j'ai lu tous les livres.
Fuir ! là-bas fuir! Je sens que des oiseaux sont ivres
D'être parmi l'écume inconnue et les cieux !
Rien, ni les vieux jardins reflétés par les yeux
Ne retiendra ce coeur qui dans la mer se trempe
Ô nuits ! ni la clarté déserte de ma lampe
Sur le vide papier que la blancheur défend
Et ni la jeune femme allaitant son enfant.
Je partirai ! Steamer balançant ta mâture,
Lève l'ancre pour une exotique nature !

Un Ennui, désolé par les cruels espoirs,
Croit encore à l'adieu suprême des mouchoirs !
Et, peut-être, les mâts, invitant les orages,
Sont-ils de ceux qu'un vent penche sur les naufrages
Perdus, sans mâts, sans mâts, ni fertiles îlots ...
Mais, ô mon coeur, entends le chant des matelots !

Stéphane MALLARME (1842-1898)

Brise marine

partagez ce bretzel liquide avec vos amis : Partage

jeudi 9 janvier 2014 19:16

si vieille, si vieille

"...si vieille, si vieille, elle suivait doucement dans les chambres son fils qu'elle ne voyait plus bien distinctement. Lui-même voyait moins clair. Il avait grossi, elle avait maigri. Ses yeux à elle avaient mûri. Ses yeux à lui s'étaient fanés. Hein, comme nous étions vifs tous deux autrefois..."

"Au pays de Papouasie
J'ai caressé la Pouasie...
La grâce que je vous souhaite
C'est de n'être pas Papouète."
Léon-Paul Fargue

partagez ce bretzel liquide avec vos amis : Partage

- page 59 de 61 -

Page top