Martin Margiela, automne hiver '99-00, cuissardes en tricot tu as les bas qui plissent / Guy Bedos - Bonne Fete Paulette
"Vlan... Elle me retourne une claque... Elle avait pas de bas."
vendredi 6 août 2021 07:49
humour noir, propos absurdes et photos étranges
vendredi 6 août 2021 07:49
jeudi 5 août 2021 13:09
Comme en été les torrents fondus se mettent à couler des glaciers. Chacun de nos mots - à ces moments que nous appelions vides - chaque mot était léger et vide comme un papillon : le mot, de l'intérieur, voltigeait contre la bouche, les mots étaient dits, mais nous ne les écoutions pas car les glaciers fondus faisaient beaucoup trop de bruit en ruisselant. Au milieu du fracas liquide, nos bouches remuaient en parlant, et en vérité, nous ne voyions que le mouvement de nos bouches mais nous ne les écoutions pas - nous regardions la bouche de l'autre, la voyant parler, et peu importait que l'on écoute ou non, oh, au nom de Dieu, peu importait.
Et pour notre part, il nous suffisait de voir que la bouche parlait, et nous riions car nous y faisions à peine attention. Et cependant nous appelions ce non-écouter désintérêt et manque d'amour.
Mais en vérité, combien nous parlions ! Nous disions le néant. Et cependant tout scintillait, comme lorsque de grosses larmes ne se détachent pas des paupières, c'est pour cela que tout scintillait.
Clarice Lispector : la passion selon G.H.
tags : Baudelaire, le serpent qui danse, Colombe
Bernard Buffet : vue d'une ville, 1969
Hôtel du nord (dialogues de Henri Jeanson)
film de Marcel Carné,1938
—–
Arletty : Arl. (Mme Raymonde)
Louis Jouvet : L. J. (M. Edmond)
Arl. : Pourquoi qu'on part pas pour Toulon ? Tu t'incrustes ! Tu t'incrustes ! Ça finira par faire du vilain !
L. J. : Et après ?
Arl. : Oh, t'as pas toujours été aussi fatalitaire !
L. J. : Fataliste !
Arl. : Si tu veux, le résultat est le même… Pourquoi que tu l'as à la caille ? On n'est pas heureux tous les deux ?
L. J. : Non !
Arl. : T'en es sûr ?
L. J. : Oui !
Arl. : T'aimes pas notre vie ?
L. J. : Tu l'aimes, toi, notre vie ?
Arl. : Faut bien, je m'y suis habituée… Cocard mis à part, t'es plutôt beau mec… Par terre, on se dispute mais au lit, on s'explique… Et sur l'oreiller, on se comprend… Alors ?..
L.J. : Alors rien… J'en ai assez, tu saisis ? Je m'asphixie ! Tu saisis ? Je m'asphixie !..
Arl. : À Toulon, y a de l'air puisqu'il y a la mer ! Tu respireras mieux…
L. J. : Partout où on ira, ça sentira le pourri !
Arl. : Allons à l'étranger ! Aux colonies !
L. J. : Avec toi ?
Arl. : C’t’ idée !..
L. J. : Alors, ça sera partout pareil… J'ai besoin de changer d'atmosphère, et mon atmosphère, c'est toi !
Arl. : C'est la première fois qu'on me traite d'atmosphère ! Si je suis une atmosphère, t'es un drôle de bled ! Oh la la ! Des types qui sont du milieu sans en être et qui crânent à cause de ce qu'ils ont été, on devrait les vider… Atmosphère !? Atmosphère !? Est-ce que j'ai une gueule d'atmosphère !? Puisque c'est ça,
vas-y tout seul à la Varenne* ! Bonne pêche et bonne atmosphère !..
mercredi 4 août 2021 07:11
entrées précédentes - page 123 de 642 - entrées suivantes