des mots, des images, une vie : des jeux, déjoués ?
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lundi 21 mai 2012
Par yves brette le lundi 21 mai 2012, 09:51 - contemplatyves
Fazzinnant !
lundi 9 avril 2012
Par yves brette le lundi 9 avril 2012, 12:49 - sportyves
Brette, un collègue m'avait mis au défi de tenir l'équilibre sur les bras en levant les jambes à l'équerre.
Je cours, une heure.
Je me dis "tiens une poutre"
Je tente la manoeuvre.
Je bascule en arrière comme une vieille crêpe à plat sur le dos
Score : poutre 1, Brette O
Brette, je me suis banané.
samedi 4 février 2012
Par yves brette le samedi 4 février 2012, 08:10 - very funnyves
Voici le courrier que j'ai reçu ce matin de ma banque :
Je suis bien sûr très touché de cette information claire et vais appeler "saisir Prénom NOM nouveau CDC" pour bénéficier de ses précieux conseils et de son écoute personnalisée...
Une banque qui appartient à "saisir Prénom NOM du sociétaire qui aime payer des courriers inutiles", ça change tout !
mardi 24 janvier 2012
Par yves brette le mardi 24 janvier 2012, 11:14 - cityves
8. NON AUX RENAISSANCES DE NATACHA AMAYOQ !
62. PAS DE PITIE POUR LA MOUETTE QUI RENONCE AU CRIME !
94. PETITE CHRYSALIDE, LES SOLDATS ENFOUIS NE SONT PAS TES SOEURS !
99. APPLICATION IMMEDIATE DU PROGRAMME MAXIMUM !
115. AUCUNE ALLIANCE AVEC LES ORANGES POUPEES !
119. NE REGARDE PAS LA POUPEE ORANGE, NE REGARDE PAS DANS LA FENETRE NUMBER SEPT !
123. ORDONNE TES OS A LA PERFECTION !
127. ORDONNE TON VISAGE AVANT DE TE PENDRE !
128. ORDONNE TES ORIFICES A LA PERFECTION !
157. ENFANTS DU TROISIEME ROULEAU, POURRISSEZ LEURS REVES !
160. LEOCADIA, EMPARE-TOI DE LEURS SACS ONIRIQUES ET DETRUIS-LES !
197. RENEGATE BLEUE, PETITE SOEUR, TUE LES REINES BLEUES, VA JUSQU'AUX MATRICES ETRANGES !
259. OURSES DES HERBES BASSES, FRAPPEZ !
340. UN JOUR ENFIN NOUS SERONS PLUS MORTS QUE VIFS !
341. UN JOUR NOUS AURONS LE SOLEIL EN BOUCHE !
51. AVANCE A PAS DE LOUVE JUSQU'A L'ETOILE BANQUISE !
52. TA MAIN GAUCHE S'APPELLE BANQUISE, TRAHIS TA MAIN !
118. TOUT EST FINI, NULLE NE CONNAIT TON NOM, PENDS-TOI AVEC TA CEINTURE !
120. SI ON TE DIT QUE TOUT EST FINI, N'ECOUTE PAS, TRAHIS !
121. N'ECOUTE PAS CE QUE DIT TA BOUCHE !
134. SI LA FORET ENCORE MURMURE, CHERCHE L'ARBRE NUMBER FIFTEEN ET ECORCE-LE !
135. SORS DE LA MATRICE FIGEE, PASSE PAR LA MATRICE ATROCE, NE REGARDE PAS L'OCEAN !
145. PAS UN GESTE VERS LES NUAGES !
172. PETITE CHRYSALIDE, NE MUTILE JAMAIS TA MAIN BRILLANTE !
173. MEME EN DORMANT,PETITE SOEUR, FRACASSE, TUE !
182. RESSAC, BRISANTS, ACTION !
198. SI UN POUSSIN SORDIDE TE DEMANDE L'HEURE, PENDS-TOI AVEC TA CEINTURE !
205. SI TU VOIS LA REINE MORDUE, CREVE-TOI LES YEUX AVEC LA LANGUE !
247. DEUX PAR DEUX, APPEL GENERAL, DEUX PAR DEUX, HIVER TOTAL !
267. ATTENDS LES ORDRES DEVANT TON CRANE !
316. LOUVES ECARLATES, RESTITUEZ VOS SAVOIRS ECARLATES !
341. UN JOUR NOUS ENTRERONS DANS LES MAISONS ORANGE !
19. N'OTE PAS LA CARAPACE DES SINGES ETRANGES, NE BRISE PAS LA CARAPACE DES SINGES ETRANGES, TUE LES SINGES ETRANGES !
29. SI NULLE NE SE SOUVIENT DE TON NOM PENDANT TA MORT, OUBLIE TON NOM !
35. SI TU TE REVEILLE PARMI LES OISEAUX, AGITE LES AILES, NE REGARDE PAS !
38. QUAND TU PONDS, JAMAIS NE PARLE EN LANGUE ETRANGE !
68. QUAND ON A LE BRUIT DU VENT EN MEMOIRE, ON NE PASSE PAS !
72. NE RESPIRE PLUS AVEC TA MAIN DROITE !
190. NE FAIS PAS DEMI-TOUR QUAND L'ORIENT FLAMBOIE !
322. DIS LES MOTS A L'INTERIEUR DE TA PEAU !
330. SI TES MAINS DECAPITENT, NE DIS PLUS LES MOTS !
Slogans (extraits), traduit du russe par Antoine Volodine, editions de l'Olivier.
« Propagande poétique »
Ouvrage recensé :
Maria Soudaïeva, Slogans, Paris, Éditions de l’Olivier, 2004, 108 p.
RUSSIE-FICTION
Propagande poétique
Christian Monnin
Maria Soudaïeva, Slogans, Paris, Éditions de l'Olivier,
2004, 108 p.
"Maria Soudaïeva aurait pu ne jamais avoir d'existence editoriale.
De son vivant, seuls des extraits d'un roman demeuré inédit ont été
publiés dans une improbable revue underground d'Extrême-Orient.
Plus d'un an après son suicide en février 2003, ses stupéfiants
Slogans paraissent en France, grâce à l'écrivain et traducteur
Antoine Volodine.
Née en 1954 à Vladivostok d'un père russe et d'une mère
coréenne. Maria Soudaïeva a très tôt souffert de troubles psychiques
qui l'ont contrainte à mener une existence en quelque sorte
parallèle. Son don pour les langues lui a néanmoins permis de
travailler comme guide-interprète en URSS puis au Viêt-nam.
Maria Soudaïeva fut aussi une femme engagée, posant un regard
amer sur une société postsoviétique gangrenée par la mafia et
ravagée par un capitalisme sans garde-fou, avec laquelle elle a
fini par rompre. Elle s'est par exemple battue pour arracher de
jeunes femmes à des réseaux de prostitution mafieux et elle a
fondé avec son frère un groupe anarchiste.
Jusqu'à récemment, Maria Soudaïeva était enfin une clandestine
de la littérature, dont l'oeuvre semble au croisement des hallucinations
provoquées par sa maladie et de sa vision pessimiste,
voire apocalyptique, de l'avenir de la Russie. Outre ces Slogans,
elle a composé des poèmes et un roman, tous inédits à ce jour.
même en Russie. En France, pourtant, elle a déjà fait une apparition
discrète dans la bibliographie qui clôt Le postexotisme en dix
leçons, leçon onze. Une bibliographie imaginaire, dans un livre
écrit par un certain Antoine Volodine... Autrement dit, tout indique
que Maria Soudaïeva est une des voix de cet écrivain singulier.
Comme un personnage de cinéma sortant de l'écran, elle est
issue de son univers poético-politico-onirique peuplé de voix
souterraines entrées dans une résistance désespérée après la
destruction de leurs rêves de révolution.
Une littérature étrangère en langue française
Dans un premier temps, cette nouvelle est une légère déception
pour le lecteur, qui se sent dépossédé du plaisir de la découverte :
en effet, il aurait aimé croire à la fable de cette mystérieuse aventurière
russe écrivant ces Slogans d'une rare violence depuis les
confins de la maladie et de l'Extrême-Orient. Mais c'est aussi une
heureuse surprise qui marque une nouvelle étape dans une
entreprise littéraire passionnante : Antoine Volodine s'était déjà
glissé dans ses propres livres aux côtés de collègues auteurs
postexotiques, mais, démarche inverse, Maria Soudaïeva est son
premier avatar (presque) autonome. Dans la foulée de son travail
de traducteur d'Alexandre Ikonnikov pour les Éditions de l'Olivier,
Volodine a saisi l'occasion d'accomplir enfin pleinement son projet
d'« une littérature étrangère en langue française » dont il ne serait
que le passeur. Cette formule choc est plus qu'un slogan, justement
: ainsi, en lecture, Volodine n'habite jamais ses textes mieux
que lorsqu'il les déclame avec un accent étranger (hispanisant).
Bienvenue au Volodinistan
Il est juste un peu regrettable que l'auteur ait de toute évidence
voulu se faire démasquer : il aurait très bien pu inventer aussi un
traducteur, s'abstenir de rédiger une préface en forme d'aveu à
peine voilé et rendre la biographie de Maria Soudaïeva plus crédible
(« l'éphémère groupe anarchiste », entre autres, sonne faux et le
suicide en 2003 paraît bien commode). Bref, il a multiplié les
indices pour s'assurer que même le lecteur non averti ait des
doutes, comme s'il n'avait pas osé aller jusqu'au bout de sa
démarche. D'un autre côté, ce paratexte (préface, quatrième de
couverture, biographie) fait partie intégrante de l'oeuvre, il la met
en scène, mais il aurait sans doute gagné à être moins transparent.
Car, si étranges que soient les contrées où s'aventure ce livre, si
originale que soit sa forme, le lecteur soupçonne assez vite qu'il
évolue en territoire volodinien, mis sur la piste par l'onomastique
inimitable qui le caractérise : Natasha Amayoq, Abraham Voriaguine,
Bayane Yaguatinga, etc.
Raids poétiques
Slogans, comme son titre descriptif l'indique, est une succession
numérotée de slogans et d'instructions, regroupés en brèves
séries au sein de trois parties de longueurs parfaitement égales
(trois cent quarante-trois slogans chacune). Il ne s'agit pas, bien sûr,
de slogans publicitaires et de consignes d'achat, mais d'ordres et
de mots d'ordre guerriers, tantôt exclamatifs, tantôt injonctifs, en
lettres capitales et toujours ponctués d'un point d'exclamation.
Le lecteur pénètre par à-coups dans un monde terrible, dévasté,
où des entités étranges aux noms d'insectes reçoivent des ordres
énigmatiques qui les enjoignent à frapper, à tuer, à détruire, à se
rallier ou à se méfier, à avancer ou à se replier. Les frontières du
rêve et de la réalité, de la vie et de la mort sont réversibles, des
êtres renaissent, se réincarnent, les songes sont des armes, des
refuges, des enjeux. Entraîné dans des incursions éclairs par ces
phrases brèves et véhémentes comme des décharges, le lecteur
est assailli d'images oniriques et violentes, souvent paradoxales.
Ce sont comme de brefs coups de projecteurs et on pourrait parler
d'une poétique stroboscopique.
Messages codés
Contrairement à ce qu'affirme la quatrième de couverture, ces
énoncés ne s'adressent nullement à « nous », lecteurs. D'une part.
ils ont pour la plupart un destinataire désigné, qu'ils interpellent
très souvent. D'autre part, ces messages se présentent comme
codés. Impossible de les prendre au pied de la lettre. De cet hermétisme
naît en partie leur force d'évocation. En elle, le code recoupe
la métaphore : le code fait image et les images semblent appeler un
décodage par quelqu'un d'autre que le lecteur. Faute d'y parvenir,
celui-ci entrevoit peu à peu les contours d'une grammaire qui
opère par recombinaison de certains noms propres, termes ou
expressions récurrents. À tel point qu'il est aisé de la mettre en
oeuvre pour produire une parodie. Par instants, ces jeux de permutation
ne sont pas sans rappeler la poésie d'un Patrick Bouvet,
par exemple.
La contrainte formelle que s'est donnée Volodine est en ellemême
un puissant vecteur d'étrangeté, car tous ces énoncés ont
une valeur moins descriptive que performative : ils ne décrivent
pas un monde, ils prétendent le modifier; ils ne rapportent pas
des événements, ils visent à en infléchir le cours; ils menacent,
ils promettent, ils revendiquent. La dimension descriptive est en
quelque sorte indirecte : comme des fragments de miroir brisé,
injonctions et exclamations projettent certes des éclats de l'univers
où elles sont proférées, mais, de par leur nature énonciative, elles
n'offrent des aperçus que d'un monde programmé, proclamé,
revendiqué, etc.
Les slogans ont par ailleurs cette caractéristique d'être impersonnels
: ils n'ont pas d'énonciateur repérable et le lecteur ne sait
jamais qui parle. « Ça » crie, « ça » ordonne, « ça » proclame. Le
paradoxe — fécond — de ce volet de l'entreprise volodinienne est
de s'être forgé de toutes pièces une identité fictive pour composer
un ouvrage entièrement constitué d'énoncés impersonnels, inassignables.
Sous couvert de Maria Soudaïeva, Volodine s'est permis
avec bonheur de pousser l'expérimentation plus loin qu'il ne
l'avait jamais fait."
lundi 21 novembre 2011
Par yves brette le lundi 21 novembre 2011, 06:12 - contemplatyves
L'arbre, allié de taille
LEMONDE | 20.11.11 | 18h07 • Mis à jour le 20.11.11 | 18h23
"Donnez-moi un arbre et je sauverai le monde, nous dit le botaniste Francis Hallé, qui vient de publier Du bon usage des arbres. Un plaidoyer à l'attention des élus et des énarques (Actes Sud). Prenons-le au mot. Par quel arbre commencer ? Le platane que planta Buffon en 1785, à l'entrée du Jardin des plantes, à Paris. Les visiteurs peuvent constater sa grande forme 226 années après, alors qu'il n'a jamais été taillé.
Car le platane vit très longtemps, comme beaucoup d'arbres. Il est même "potentiellement immortel", précise Francis Hallé : "Un homme est sénescent, c'est-à-dire programmé pour mourir. Pas un platane." Après la chute des feuilles, la vie repart au printemps et l'arbre retrouve son génome juvénile. S'il n'était pas agressé par les accidents, les maladies ou les humains, le platane vivrait des siècles. "Quand on dit un platane centenaire, on parle d'un gamin en culotte courte", s'amuse le botaniste, qui connaît un olivier âgé de 2000 ans à Roquebrune-Cap-Martin (Côte d'Azur).
Ajoutons que l'arbre crée des colonies. Sexué, il distribue des graines alentour, mais il étend aussi des racines à partir desquelles des descendants poussent. Voilà pourquoi on trouve des platanes centenaires entourés de vieux frères, des peupliers se renouvelant depuis 10 000 ans dans l'Utah, des crésotiers (Larrea) de 13 000 ans dans le désert de Mojave (sud de la Californie), et un houx royal de 43 000 ans s'étalant sur un kilomètre, en Tasmanie. "L'histoire de notre espèce zoologique tient dans la vie d'un arbre. Cela devrait nous ramener à l'humilité", philosophe Francis Hallé. C'est sans doute le premier service que nous rend l'arbre.
L'autre prodige de l'arbre est de résoudre ses problèmes sans bouger. C'est un bon citoyen, décoratif, taiseux, économe, calme et courageux. Il se contente de peu - lumière, eau, oligoéléments - et déjoue ses ennemis sans bruit, en développant un arsenal chimique. Un if produit des molécules qui éloignent souris et insectes et, ce faisant, il fournit le taxol à l'homme, un anticancéreux efficace. Et chacun sait que le tilleul ou le bouleau, le noisetier ou le citronnier donnent des médicaments.
UN ÉPURATEUR D'ATMOSPHÈRE
Nous, humains, avec nos 2mètres carrés de peau, sous-estimons la surface de l'arbre. Pour la calculer, il faut mesurer chaque feuille recto verso, ajouter la surface du tronc, des branches et rameaux, des racines longues et fines et des poils absorbants, sans oublier les poches dans l'écorce. Un arbre feuillu de 15 mètres occupe au total 200 hectares, l'équivalent de Monaco. Il double de poids quand il est mouillé. Toute cette surface respire, nous fait respirer.
"Grâce à la photosynthèse, l'arbre est notre meilleur allié dans la lutte contre le réchauffement climatique ", estime Francis Hallé. Le platane de Buffon, comme tout arbre, absorbe quantité de dioxyde de carbone (CO2), responsable de l'effet de serre. 20 % à 50 % de la matière produite par l'arbre - bois, racines, feuillages, fruits... - est constituée de CO2. Ainsi, en respirant, l'arbre épure l'atmosphère. Il séquestre le dioxyde de carbone et les polluants urbains tels que les métaux lourds, le plomb, le manganèse, les suies industrielles, les oxydes d'azote et de soufre, l'ozone... Ceux-ci sont dissous par l'eau intérieure, puis stockés dans le bois. C'est pourquoi il faut couper les vieux arbres le moins possible. Plus ils sont grands, plus ils purifient l'air.
En même temps, l'arbre libère l'oxygène qui nous fait vivre, l'O2. Un humain adulte consomme environ 700 grammes d'O2 par jour, soit 255 kg par an. Pendant ce temps, un arbre moyen en produit 15 à 30 kg. Il faut donc une dizaine d'arbres pour oxygéner un homme. En plus, l'arbre humidifie et rafraîchit l'atmosphère par évaporation et transpiration. Une zone boisée de 50 m2 fait baisser la température de 3,5 °C et augmente le taux d'humidité de 50 %. L'agitation des feuillages, surtout des conifères, libère des ions négatifs qui auraient un effet bénéfique sur la santé et l'humeur. Et l'arbre accueille nombre d'espèces utiles.
Pascal Cribier, jardinier talentueux, habite au-dessus du jardin du Luxembourg, à Paris. Il désigne la cime rougeoyante des arbres : "Nous ne voyons que la moitié d'un arbre. Nous n'imaginons pas l'activité souterraine, la taille et la force de ses racines, les espèces qui vivent en symbiose avec lui. Nous oublions que, sans les arbres, le sol se dégrade vite, et pour toujours." C'est cette part secrète, souterraine, qui a décidé de la vocation de Pascal Cribier, à 18 ans. Il voulait comprendre, planter, mettre les mains dans la terre.
Devenu un artiste du jardin, il a exposé dans des galeries des blocs de racines noueuses. Il faut savoir que sous-bois, racines et sous-sols font vivre champignons, lichens, fougères, plantes épiphytes, insectes, vers et mammifères. Sous terre, les racines font circuler des tonnes d'eau pour abreuver les feuilles. Souvent, elles dépassent en longueur les branchages. Ainsi, le jujubier de Libye, haut de 2 mètres, possède des racines de 60 mètres.
"L'homme ne saurait vivre sans l'arbre, et il le menace partout, s'étonne Francis Hallé. Pourtant, la réciproque n'est pas vraie..." Les Nations unies ont déclaré 2011 Année internationale de la forêt. Les arbres abritent 50 % de la biodiversité terrestre et apportent la subsistance à 1,6 milliard d'humains.
Les enquêtes de l'ONU et du REDD - programme des Nations unies qui vise à réduire les émissions de CO2 causées par la déforestation et la dégradation des forêts - montrent que la moitié des forêts de la planète a été détruite au XXe siècle. Ainsi, 7,3 millions d'hectares de forêts tropicales ont disparu chaque année entre 2000 et 2005, soit 20 000 hectares par jour. Résultat, la déforestation et la dégradation des forêts tropicales contribuent pour 15 % à 20 % aux émissions de CO2 : brûlés, abattus, les arbres libèrent leur carbone.
A l'inverse, l'ONU estime que des plantations d'arbres pourraient compenser 15 % des émissions de carbone dans la première moitié du XXIe siècle. "J'ai plaqué mon chêne/Comme un saligaud", chantait Georges Brassens...
De l'aspirine au papier
Prenons un citadin qui déguste en terrasse une salade à l'huile d'olive et au citron avec des pignons, puis commande une omelette aux truffes et un verre de chablis. Au dessert, poire belle-Hélène accompagnée d'un café à la cannelle. En digestif, une goutte de vieux gin. Ensuite, après une aspirine, il prend quelques notes avec un stylo jetable sur un carnet. Cet homme vient de mettre quinze arbres à contribution. Un frêne pour sa chaise, un orme pour la table, un olivier, un pin parasol, un citronnier, un chêne pour la truffe, un robinier (faux acacia) pour le fût du vin blanc, un poirier et un cacaoyer, un caféier, un cannelier, un genévrier, un saule pour l'aspirine, du ricin pour le plastique, un pin sylvestre pour le papier. Nous ne saurions vivre sans les arbres.
La ville non plus. Octobre 2011 était le Mois international de l'arbre et de la forêt des villes. Ainsi en a décidé la FAO. Pourquoi protéger l'arbre citadin ? En 2030, 70 % de la population de la Terre vivra en ville. Il faudra la nourrir. Le monde rural n'y suffira pas. Déjà, l'agriculture urbaine et périurbaine existe dans les friches et bidonvilles. Les citadins pauvres plantent des arbres et des légumes pour se nourrir. Depuis des années, la FAO leur procure assistance et crédits.
En Europe, Bruxelles protège les 5 000 hectares de la forêt de Soignes, en pleine ville ; Zurich fait de même, Barcelone a classé sa forêt riveraine, Nantes prévoit de planter 1 400 hectares d'arbres à ses portes. Julien Custot, expert à la FAO, explique : "L'arbre urbain est fondamental pour préserver les sols, contenir les inondations, apporter de l'énergie, pourvoir des aliments sains. Il rend les villes plus agréables, plus fraîches. Il nous faut une vraie politique de foresterie urbaine." Le jardinier écologiste Gilles Clément ajoute : "L'urbanisme jouit d'un grand prestige dans un monde assujetti au principe économique "quand le bâtiment va, tout va". Un jardinier penserait plutôt : "Quand le jardin va, tout va". Il faut nourrir le monde avant même de le loger."
L'économiste indien Pavan Sukhdev, codirecteur de la Deutsche Bank de Bombay, est une des têtes chercheuses des TEEB, The Economics of Ecosystems and Biodiversity. C'est lui qui, en octobre 2010, a chiffré les services rendus par les écosystèmes à la conférence de Nagoya sur la biodiversité, dont la France vient de signer le protocole. Il calcule la valeur économique de la nature et ses dégradations. Après trois ans d'enquêtes menées par cent experts, "les gros chiffres impressionnent", affirme-t-il. Si nous divisions par deux le rythme de la déforestation d'ici à 2030, les réductions d'émission de CO2 allégeraient de 2 600 milliards d'euros le coût du réchauffement. L'érosion de tous les écosystèmes terrestres - forêts, sols ou encore zones maritimes - nous fait perdre entre 1 350 et 3 100 milliards d'euros chaque année. "Cette invisibilité économique des écosystèmes, explique Pavan Sukhdev, a mené à la crise écologique."
En jardinier, Pascal Cribier s'inquiète de ces chiffres : "Un arbre est inestimable, ce qu'il nous apporte n'a pas de prix..."
À LIRE
"DU BON USAGE DES ARBRES. UN PLAIDOYER À L'ATTENTION DES ÉLUS ET DES ÉNARQUES
(Actes Sud, 2011, 14 €)
"ITINÉRAIRESD'UN JARDINIER"de Pascal Cribier (Xavier Barral, 2009) Frédéric Joignot"
dimanche 16 octobre 2011
Par yves brette le dimanche 16 octobre 2011, 15:45 - very funnyves
Petite recherche sur les colorations ou décolorations anormales des ongles. Trouvé cette perle au détour d'une page :
"Problème rencontré : Bandes transversales sombres
Manifestation / Causes : Empoisonnement alimentaire ou anesthésie
Solution : Pas grave, n'empèche pas la pose de faux ongles."
(tant qu'on peut se faire poser de faux ongles, tout va bien. J'ignore cependant si l'auteur est spécialisé dans l'esthétique du deuil...)
dimanche 2 octobre 2011
Par yves brette le dimanche 2 octobre 2011, 11:43 - fictyves
Observer le monde, être touché par lui, l'effleurer du doigt. Quel rôle pour Michel Blanc ! Sandrine Bonnaire toujours excellente...
Le Quatuor pour piano et cordes nº 1 en sol mineur opus 25 est un quatuor pour violon, alto, violoncelle et piano de Johannes Brahms. Composé en 1861 à Hamm près de hambourg, il fut créé le 16 novembre 1861 à Hambourg avec Clara Schumann au piano,et publié en 1863. Le compositeur en fit une transcription pour piano à quatre mains. Son célèbre finale rondo alla zingarese assura sa postérité.
lundi 23 mai 2011
Par yves brette le lundi 23 mai 2011, 07:11 - very funnyves
Archyves aime le tampographe !
samedi 30 avril 2011
Par yves brette le samedi 30 avril 2011, 08:09 - fictyves
Quel est le lien entre la lumière et la paternité ?
"L'HISTOIRE : Au cœur des Montagnes Appalaches en Virginie Occidentale, où tout homme possède une arme et de quoi distiller de l’alcool de contrebande, vit une «légende vivante». Jesco White est un adolescent à peine sorti de l’enfance qui passe ses journées à sniffer de l’essence et à boire de l’alcool. Son père est un danseur de clog reconnu (danse appalachienne qui ressemble aux claquettes) qui va lui transmettre sa passion pour éviter qu’il sombre dans la délinquance. : est-ce que la danse peut lui servir d’exutoire ? Est-ce que l’amour, avec une femme plus âgée (Carry Fisher), peut lui redonner confiance en lui ? Est-ce que la foi peut lui redonner le goût à la vie ?
Le programme est simple : Jesco cherche à exorciser ses pulsions autodestructrices à travers l’art, l’amour et la foi. Avec une thématique aussi chargée, il était possible de tomber dans la solennité, le mélodrame, le pompiérisme. Par chance, Dominik Murphy ne cherche pas à mettre les doigts dans les yeux et préfère l’absence de compromis, l’expérimentation sensorielle pour communiquer une colère intérieure qui pourrait être celle du diable. Ce qui frappe dans ce premier film, c'est sa qualité de fabrication (bande-sonore, montage, voix-off) ; et ce qui détermine l’identité du film, c’est sa capacité à rechercher de nouvelles formes d’expression pour traduire des notions abstraites (les rapports filiaux conflictuels, la recherche de la personne aimée, la destruction jusqu’à l’écœurement). Le décalage entre le son et l'image fonctionne comme une ambivalence. Des souvenirs anciens remontent à la surface, écrasent la raison. Un brouhaha mental doublé d'un inexorable sentiment de perte (perte des parents, de l’amour, de l’homme etc.). A plusieurs reprises, un thème mélancolique évoquant Sigur Ros amplifié par les incantations d’un pasteur ranime la noirceur des ténèbres et crée un contraste avec le reste du score, essentiellement composé de rockabilly. Dans la dernière partie, une affaire de vengeance poignante précipite le héros dans le vide et le confronte à ses propres croyances (ne pas se fier aux apparences). L’implication des acteurs – dont Edward Hogg, gueule d’ange aux yeux du démon, voix douce et corps ingrat – donne un surplus d’ambiguïté à ce flou artistique qui va jusqu’à franchir déraisonnablement une ligne au-delà de laquelle on trouve une hystérie maladive, une démence des sens et des affects. Un sublime plan final – qui montre ce qui est transparent et donc invisible à l’œil nu – clôt cette tragédie où un poète méprisé a construit un mythe divin, dans une Amérique profonde obsédée par Elvis. Il justifie le titre, évoquant subtilement ce qui ressent le spectateur à la fin de la projection. "
source : excessif
samedi 26 mars 2011
Par yves brette le samedi 26 mars 2011, 14:30 - cityves
"L'existence humaine ressemble à une représentation théâtrale qui, commencée par des acteurs vivants, serait terminée par des automates revêtus du même costume."
Schopenhauer
L'acteur est-il toujours vivant ?
mercredi 9 mars 2011
Par yves brette le mercredi 9 mars 2011, 16:40 - very funnyves
Je suis en train d'étudier ce formulaire de demande de maladie qui me paraît tout à fait adapté à ma situation actuelle...

dimanche 20 février 2011
Par yves brette le dimanche 20 février 2011, 10:25 - cityves
"Un egoïste, c'est quelqu'un qui ne pense pas à moi"
Gilles Orgeret
Par yves brette le dimanche 20 février 2011, 10:22 - very funnyves
La théorie, c'est quant on sait comment devraient fonctionner les choses, mais qu'elle ne fonctionnent pas
La pratique, c'est quant on sait faire fonctionner quelque chose mais on ne sait pas comment on a fait
Dans mon service, nous combinons Pratique et Théorie :
rien ne marche et personne ne sait pourquoi.
vendredi 28 janvier 2011
Par yves brette le vendredi 28 janvier 2011, 08:32 - very funnyves
Ce sont les soldes. Je regardais sur un grand site de vente de produits en ligne les propositions pour la requête "tapis de souris" classé par "pertinence". Voici ce que j'ai trouvé :
Sans doute la personne qui a programmé la prise en compte des mots-clefs dans le champs de recherche et moi n'avons nous pas exactement la même notion de la pertinence.
Ou bien existe t'il des gens à la recherche d'un tapis pour se débarasser de leur souris ? Des internautes qui détestent leur mulot ?
Question : la souris est-elle un nuisible ? Le ministère de la santé prépare t'il en secret une campagne d'aide aux internautes pour lutter de façon radicale contre leur addiction au net ? En tout cas le descriptif détaillé de ce tapis de souris semble ouvrir une nouvelle ère de lutte radicale :
Windhager, véritable spécialiste de la lutte contre les nuisibles (taupes, insectes et rats/souris), vous propose des solutions efficaces, sans danger pour l'homme et respectant l'environnement. Anti-taupes Mole Stop 1000 Cet appareil éloignera les taupes et les campagnols de votre jardin par ses vibrations en basse fréquence. Son efficacité est totale grâce à son générateur de vibrations et à la propagation des ondes directement par la vis de mise en terre. De plus l'intensité des vibrations est réglable par paliers et permet de couvrir jusqu'à 1000 m² selon la nature du sol. Les vibrations sont plus efficaces que les ultra-sons. Les taupes et campagnols finissent par s'habituer aux ultra-sons, alors qu'ils seront toujours génés dans leur vie quotidienne par les vibrations de l'anti-taupes Mole Stop 1000.
lundi 24 janvier 2011
Par yves brette le lundi 24 janvier 2011, 07:45 - emotyves
Tartaufle : (tar-tô-fl'), s. f. Nom vulgaire de la pomme de terre.
mardi 18 janvier 2011
Par yves brette le mardi 18 janvier 2011, 07:55 - locomotyves
Au terme de quatre années d’enquête, une équipe franco-camerounaise d’historien et journalistes documente de manière inédite la « guerre révolutionnaire » livrée par le pouvoir franco-camerounais aux indépendantistes de l’Union des populations du Cameroun (UPC).
Une petite guerre d’Algérie en Afrique centrale, passée largement inaperçue à l’époque et soigneusement masquée depuis. Une guerre qui a causé la mort de dizaines voire de centaines de milliers de Camerounais entre 1955 et 1971, et qui a permis d’installer le régime de terreur toujours en place aujourd’hui, incarné par Ahmadou Ahidjo (1958-1982) puis Paul Biya (1982 -…).
Et pourtant, encore aujourd’hui, les autorités françaises nient envers et contre tout. En visite à Yaoundé le 22 mai 2009, François Fillon, interrogé sur cette guerre, avait même osé affirmer : « Je dénie absolument que des forces françaises aient participé en quoi que ce soit à des assassinats au Cameroun, tout cela c’est de la pure invention » (source). En 750 pages, les trois auteurs mettent en pièce ce déni d’histoire.
§ Pour la première fois, par exemple, un ancien magistrat colonial, Jean-Paul Martin, révèle qu’il a cherché à combattre la torture utilisée par les gendarmes français au Cameroun… et que, pour cette audace, il a été expulsé du Cameroun en 1959.
§ Autre exemple saisissant de la brutalité de cette guerre : face caméra, l’actuel chef d’état-major de l’armée camerounaise, le général Pierre Semengue, reconnaît que son armée, entièrement créée, formée et encadrée par la France, coupait les têtes des maquisards. Voir la vidéo:
Ce ne sont là que deux des multiples révélations contenues dans cet ouvrage qui fera date.
Il a fallu quatre décennies à la France pour admettre qu’elle a mené une guerre en Algérie. Combien lui en faudra-t-elle pour reconnaître la guerre du Cameroun ?
•Pour en savoir plus, le site du livre met en ligne progressivement les documents d’archives inédits, des extraits d’interviews de témoins et de responsables, politiques et militaires, camerounais et français, de cette guerre sale : http://www.kamerun-lesite.com•Présentation du livre sur le site des éditions La Découverte (introduction en ligne)
•Compte-rendu du livre sur Rue89 : « Cameroun 1955-1962 : la guerre cachée de la France en Afrique »
Les auteurs : Thomas Deltombe, journaliste indépendant, est l’auteur de L‘islam imaginaire. La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005 (La Découverte, 2005). Manuel Domergue est journaliste au magazine Alternatives économiques. Jacob Tatsitsa, enseignant, est doctorant en histoire à l’université de Yaoundé-I.
Contacts : Editions La Découverte : Pascale Iltis : +33 1.44.08.84.21
samedi 15 janvier 2011
Par yves brette le samedi 15 janvier 2011, 12:37 - creatyves
"Plus tard, il avait aimé faire les courses ; avec la monnaie du pain, il avait le droit d'acheter un Carambar. Il allait ensuite chercher le lait à la ferme ; il balançait à bout de bras la gamelle d'aluminium contenant le lait encore tiède, et il avait un peu peur, la nuit tombée, en longeant le chemin creux bordé de ronces. Aujourd'hui, chaque déplacement au supermarché était pour lui un calvaire. Pourtant les produits changeaient, de nouvelles lignes de surgelés pour célibataires apparaissaient sans cesse. Récemment, au rayon boucherie de son Monoprix..."
samedi 8 janvier 2011
Par yves brette le samedi 8 janvier 2011, 08:35 - Qui j'essuie
Y a t'il quelque chose de moi dans les représentations du Brette en image à travers les âges, une sorte d'empreinte peut elle apparaître en creux à travers tout ce que je ne suis pas ?

un lieu de stage,
une épée courte, une brette
un étudiant en master à Sciences-Po

Brette Sandler, un nom de famille, marque de maillots de bains
le domaine de La Brette
sou brette, un logo de joaillerie
le village de Brette
Foncia M.Brette c'est la disponibilité...
mardi 4 janvier 2011
Par yves brette le mardi 4 janvier 2011, 07:43 - familyves
séjour très agréable : neige, soleil, ski à Chatel avec Sandra.
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