Le 6 juin 2026, la Normandie et le monde entier célèbrent le 82e anniversaire du Débarquement allié, D-Day. Parachutages, reconstitutions, défilés de véhicules d'époque, expositions et bals populaires
tag : devoir de mémoire à la plage
alt : un soldat en tenue débarque sur la plage, dérangeant les baigneurs
alt : silhouette mobile d'un homme coïncidant par instant avec l'image de son identité assignée
L'artiste Ossip nous a quittés au début du mois. Le monde de l'art néerlandais perd ainsi un artiste unique et d'une originalité extraordinaire. Autodidacte, Ossip a bâti, pendant cinquante ans, un univers singulier et énigmatique, à mi-chemin entre un théâtre anatomique, un album de famille oublié, un monde onirique et un cabinet de curiosités. Son œuvre se refuse à toute catégorisation facile ou à tout enfermement dans un seul mouvement, et c'était précisément là son essence.
L'atelier d'Ossip semblait davantage évoquer l'univers d'un collectionneur, d'un psychologue ou d'un explorateur que l'espace de travail d'un artiste « conventionnel ». On y trouvait partout des sculptures, des constructions en fil de fer, de vieilles photographies, des coupures de presse, des objets et des assemblages inachevés. Son atelier était si central dans sa pratique artistique que le Kunstmuseum Den Haag en a réalisé une reconstitution partielle pour une exposition en 2009, avec ses détails énigmatiques, ses objets trouvés et ses éléments apparemment abandonnés avec négligence. On avait presque l'impression de pénétrer brièvement dans son esprit. En 2024, une importante rétrospective consacrée à Ossip a été présentée à la galerie BRUTUS, réunissant plus de cinq cents œuvres. L'exposition a révélé l'extraordinaire diversité de sa pratique, allant de ses premiers collages textuels et d'œuvres proches du pop art des années 1980 aux mystérieux univers photographiques qui ont fini par le rendre célèbre.
Pauline Boudry & Renate Lorenz, No Future, No Past
tags : punk, queer, jouer comme un pied
alt : une jeune musicienne punk joue de la guitare en la piétinant, puis la brise
NO FUTURE / NO PAST
2011
Installation avec deux films 16mm, 15 min et 15 min
Performance: Ginger Brooks Takahashi, Fruity Franky, G. Rizo, Olivia
Anna Livki, Werner Hirsch
”Utopia is a stage, not merely a temporal stage, like a phase, but a spatial
one”. (Jose Esteban Munoz)
No Future / No Past est une installation filmique qui se fonde sur
des documents d’archives punk pour explorer la négativité radicale,
l’autodestruction et la dystopie qui caractérisent ce moment de l’histoire
récente. Le titre fait ironiquement référence au slogan punk « no future »,
alors que le film part du principe que nous sommes déjà dans cet avenir
qui n’aurait jamais dû exister.
Quatre musiciennes d’aujourd’hui se mettent à la place de quatre figures
du mouvement punk : Darby Crash, le leader du groupe gay The Germs,
Poly Styrene, la chanteuse du très influent X-Ray Spex, Alice Bag, chanteuse du groupe californien The Bags, et Joey Ramone, chanteur des
Ramones. Les gestes qu’ils accomplissent et les sentiments datés qu’ils
expriment appartiennent au passé. Leur inutilité avérée jette un éclairage
anachronique sur la stratégie du mouvement punk qui consiste à dénigrer
en bloc le présent sans jamais se poser en garant d’une justice sociale
future.
L’installation reprend la formule de la pièce de Ronald Tavel, The Life of
Juanita Castro, filmée par Andy Warhol, où l’on voit le metteur en scène
souffler les répliques aux acteurs. En général, le cadrage d’un film isole
les détails importants en éliminant les autres. No Future / No Past renverse ces conventions consacrées par l’histoire du cinéma.
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